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Journée d'études "Où en est l'histoire culturelle du Brésil?" - Paris avril 2009 PDF Imprimer E-mail

Maison de l'Amérique latine - Paris

29 avril 2009 

Cette rencontre scientifique rassemblera des chercheurs brésiliens et français travaillant en histoire culturelle sur des objets variés tels la littérature romantique, la musique populaire, le cinéma et la diplomatie culturelle. Elle a pour but de dresser un bilan de la recherche dans ce domaine, qui connaît un fort développement au Brésil et en Europe depuis une dizaine d'années ; d'interroger le lien entre histoire, anthropologie de la culture et Brazilian Studies ; ainsi que de réfléchir sur l'articulation entre nationalisme et culture populaire au Brésil aux XIXe et XXe siècles.

 

9h30 Présentation de la journée et de l'Association
Sílvia Capanema (Université de La Rochelle / EHESS)
Emmanuel de Vienne (Laboratoire d’Anthropologie Sociale/Université Paris V Descartes)
 
9h45-11h15 L'Histoire culturelle du Brésil :  un objet en devenir
Autour de L’histoire de la vie privée : entreprise éditoriale et renouveau des paradigmes historiographiques
Luiz Felipe de Alencastro (Université Paris IV Sorbonne / Centre d’Histoire du Brésil et de l’Atlantique Sud)
L’historiographie de la culture au Brésil : trajectoire passée et tendances actuelles 
Marcos Napolitano (Université de São Paulo)
Discutant : Pascal Ory (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle)

11h30-13h15 Culture et identité nationale
Filiation et originalité du mouvement romantique dans le Brésil du Segundo Reinado
Sébastien Rozeaux (Université Lille 3 / IRHiS)
Le modernisme brésilien: un produit de la Première Guerre mondiale?
Olivier Compagnon (Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle IHEAL/CREDAL/IUF)  

15h-17h Diplomatie et Transferts culturels 
L'invention de la diplomatie culturelle brésilienne dans l’entre-deux-guerres
Juliette Dumont (Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle IHEAL/CREDAL)
Les partitions de l’identité : musique et politique étrangère du Brésil
Anaïs Fléchet (Université Paris IV Sorbonne/UMR IRICE) 
Glauber e o exílio : o caso do filme História do Brasil
Mariana Villaca  (Université de São Paulo/FAPESP)
Quand « l’art des fous » envahit le Jeu de Paume : la réception de l’œuvre d’Arthur Bispo do Rosário en France
Viviane Borges (Université Fédérale de Rio Grande do Sul)
Discutante : Emmanuelle Loyer (IEP de Paris)
 
La journée d'étude aura lieu dans le grand auditorium de la Maison de l'Amérique Latine : 217 Boulevard Saint Germain 75007 Paris. Pour tout renseignement complémentaire, écrivez nous à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
 
 

Résumés

 

 

Autour de L’histoire de la vie privée : entreprise éditoriale et renouveau des paradigmes historiographiques           

Luiz Felipe de Alencastro

Collection de quatre volumes illustrés, réunissant les contributions d’éminents spécialistes, L’Histoire de la vie privée au Brésil [História da vida privada no Brasil, Companhia das Letras, 1997-1998] est aujourd’hui un ouvrage de référence. Cette entreprise éditoriale, inspirée des écrits de Philippe Ariès et Georges Duby, a largement contribué à renouveler l’historiographie brésilienne, en rompant avec le primat de l’histoire économique et sociale et en accordant une place inédite aux thèmes culturels. De quelle manière annonce-t-elle les développements récents de la discipline ?

Luiz Felipe de Alencastro est professeur d’histoire à l’Université Paris IV Sorbonne et directeur du Centre d’Études du Brésil et de l’Atlantique Sud. Il a notamment coordonné le deuxième volume de la collection História da vida privada no Brasil consacré au XIXe siècle – Império : a corte e a modernidade nacional (São Paulo, Companhia das Letras, 1998).

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Histoire culturelle du Brésil ou histoire culturelle à la brésilienne ? 

Marcos Napolitano

Cette communication a pour but de présenter un panorama de la recherche sur l’histoire culturelle du Brésil, que je propose de penser dans trois directions : 1) le dialogue avec « l’histoire culturelle », entendue comme un nouveau champ historiographique, consolidé en France au long des années 1980, et comptant de nombreuses ramifications aux États-Unis et en Italie ; 2) la tradition « culturaliste » brésilienne, dont les origines remontent aux années 1930 et dont les développements récents attestent la vivacité ; 3) les nouvelles tendances thématiques et méthodologiques en vogue dans les principaux centres de recherches brésiliens.

Marcos Napolitano est professeur d’histoire à l’Université de São Paulo et actuellement professeur invité à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine. Il a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire de la musique et des industries culturelles au Brésil, dont Seguindo a canção. Engajamento político e indústria cultural na MPB (1959-1969) (São Paulo, Annablume, 2001).

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Filiation et originalité du mouvement romantique dans le Brésil du Segundo Reinado    

Sébastien Rozeaux 

À travers l’étude croisée du discours et des écrits ainsi que du statut social des écrivains romantiques du Segundo Reinado, nous prétendons évaluer l’originalité irréductible du courant romantique brésilien par rapport à ses équivalents européens, et en particulier français, dont il dit s’inspirer. Cette étude comparative doit nous permettre de mettre au jour les rapports problématiques, profondément ambigus que les fondateurs de l’école romantique brésilienne ont entretenu avec leurs collègues européens, auxquels ils se rattachent au nom d’une confraternité littéraire affichée qui exprime sous une forme lâche mais néanmoins réelle la réalité des échanges et transferts culturels qui sont indissociables de la phase de constitution du romantisme comme mouvement littéraire brésilien.

Le discours et la rhétorique auxquels recourent les fondateurs du romantisme brésilien se nourrissent incontestablement aux sources des romantismes européens. Le rôle joué par quelques intellectuels français, italiens ou portugais dans l’émergence du courant romantique brésilien, dont l’acte de fondation est la parution à Paris en 1836 de la revue Nitheroy, n’est qu’un aspect de cette connivence rhétorique aisément identifiable entre les milieux littéraires de part et d’autre de l’Océan Atlantique. Ecrivain prophète, culte du génie national, éloge de la civilisation moderne, renouveau de la grandeur catholique, voilà quelques concepts fondateurs, étudiés notamment pour le versant français par Paul Bénichou, auxquels ont su puiser opportunément  les hommes de lettres brésiliens.

Dès l’origine, pourtant, l’ambition programmatique du romantisme qui place l’écrivain comme un acteur central de la mission de civilisation qui anime alors les élites politiques de l’Empire semble aux yeux de certains démesurée, voire utopique, et nourrit en retour un discours de la désillusion, de l’amertume, de l’impuissance confessée que l’on retrouve également chez les romantiques français. En nous appuyant sur les travaux remarquables qu’Alain Vaillant a consacré à cette « crise de la littérature » qui serait la caractéristique première, essentielle, du romantisme français, nous montrerons que le romantisme brésilien, moment fondateur de la littérature nationale, traduit aussi les échecs et l’incapacité de ces générations d’écrivains à produire une culture reconnue comme nationale, en somme populaire, et capable de consacrer en retour l’écrivain comme une figure centrale, reconnue, respectée de la société du Segundo Reinado.

Une approche sociale du milieu romantique brésilien en voie de formation montre les liens consubstantiels entretenus dès l’origine avec le pouvoir en place, à la fin de la Régence et aux premières années du Segundo Reinado, dans les années 1840. Loin de nourrir des aspirations à l’émancipation, voire à l’autonomie comme a pu l’analyser Pierre Bourdieu à propos des générations romantiques françaises, les écrivains brésiliens semblent envisager leur reconnaissance sociale par la médiation de l’autorité impériale et par l’insertion au sein des élites politique et intellectuelle de l’Empire. De cette étroite imbrication entre le milieu littéraire et le champ politique résulte une distanciation marquée avec certaines manifestations jugées extrémistes, révolutionnaires ou anarchiques des romantismes européens, dont les écrivains brésiliens se démarquent unanimement. La portée politique du romantisme brésilien détermine en grande partie son originalité au vu des autres expériences romantiques, en particulier européennes. Nous montrerons que de cet effet de distance peut expliquer en particulier la relation ambigüe du milieu littéraire brésilien avec le terme générique de « romantisme », qu’il manie avec grande parcimonie.

Cette étude de la filiation et de l’originalité profonde du romantisme au Brésil s’appuie ici plus particulièrement sur la génération fondatrice des « letras pátrias », qui s’affirme dans les années 1830 et déploie ses talents au cours des deux décennies suivantes, sous l’étroite protection de l’empereur Pedro II élevé au trône depuis 1840.

Sébastien Rozeaux est agrégé d’histoire. Il enseigne actuellement à l’Université de Lille III, où il achève une thèse sur la formation du milieu littéraire brésilien à l’âge romantique.

 

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Le modernisme brésilien, un produit de la Première Guerre mondiale ?     

Olivier Compagnon

Le mouvement moderniste constitue l’un des marqueurs les plus importants de l’histoire culturelle du Brésil à l’époque contemporaine. Projeté sur la scène publique lors de la Semana de Arte Moderna de São Paulo en 1922 et porté par une série d’artistes comme le musicien Heitor Villa-Lobos, les écrivains Mário de Andrade et Oswald de Andrade, les peintres Anita Malfatti et Di Cavalcanti ou le sculpteur Victor Brecheret, le modernisme est considéré comme une rupture de premier ordre en ce qu’il met en avant la double nécessité de définir un nouveau langage esthétique et d’assurer l’indépendance culturelle du Brésil. Au-delà de la génération fondatrice qui donne à cet « art nouveau »  ses lettres de noblesse dans les années 1920 et 1930 au Brésil comme dans de nombreux pays étrangers, le modernisme devient après la Seconde Guerre mondiale la référence généalogique de la quasi totalité de la production artistique brésilienne – que l’on s’en revendique ou que l’on s’en démarque – et demeure encore au début du XXIe siècle une référence de premier ordre dans les discours brésiliens sur l’art et la modernité.

Le modernisme a donné lieu à une très abondante bibliographie, émanant principalement d’historiens, d’historiens de l’art et de spécialistes de littérature. Deux grands arguments destinés à expliquer l’émergence du mouvement à l’aube des années 1920 ressortent de cette production : d’une part, le modernisme serait le produit des relations entretenues par la plupart des membres de la génération fondatrice avec les avant-gardes européennes, principalement italiennes et françaises, mais aussi ibériques ; d’autre part, il constituerait l’expression artistique des débats identitaires occasionnés par la célébration du Centenaire de l’Indépendance du Brésil en 1922.

Le propos de cette communication n’est pas de remettre en question ces deux grandes lignes interprétatives, mais de soumettre au débat un facteur explicatif supplémentaire. Dans quelle mesure « la culture du modernisme » – pour rependre l’expression de Monica Pimenta Velloso – n’est-elle pas aussi le produit de la Première Guerre mondiale ou, plus exactement, des nouvelles réflexions identitaires qu’a générées, au Brésil et dans toute l’Amérique latine, le « suicide de l’Europe » ? Afin d’examiner cette hypothèse, il convient de penser le moment moderniste dans une temporalité excédant la simple conjoncture de l’année 1922 et de réviser les représentations de l’Europe que véhicule une génération d’intellectuels tiraillés entre la puissance légitimatrice de la tradition héritée du XIXe siècle et la quête d’une modernité qui ancrerait de plain pied le Brésil dans le XXe siècle.

Olivier Compagnon est maître de conférences en histoire à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine, membre du CREDAL-UMR 7169 et de l’Institut Universitaire de France. Il a notamment publié Jaques Maritain et l’Amérique du Sud. Le modèle malgré lui (Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2003) et Le Venezuela au-delà du mythe. Chavez, la démocratie, le changement social (Paris, Éditions de l’Atelier, 2009).

 

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L’invention de la diplomatie culturelle brésilienne dans l’entre-deux-guerres        

Juliette Dumont      

Si dès l’Empire se posa la question de l’image extérieure du Brésil, l’action culturelle n’entre officiellement dans les prérogatives du ministère des Relations extérieures de ce pays qu’en 1920. Entre cette date et le début de la Seconde Guerre Mondiale, sont mis en place les outils d’une diplomatie culturelle, suivant ainsi de près la France et devançant bien des pays, dont les États-Unis. Cette politique s’élabore notamment par la participation du Brésil aux travaux de l’Institut International de Coopération Intellectuelle, ancêtre de l’UNESCO dépendant de la SDN, et à ceux du Service de coopération intellectuelle de l’Union Panaméricaine. Ce choix est révélateur, d’une part de la volonté brésilienne de ménager les trois pôles de sa politique extérieure, à savoir l’Europe, les États-Unis et le reste de l’Amérique latine, et d’autre part du désir de briser l’image d’un pays encore « dans l’enfance de la civilisation ».

L’étude de l’émergence et des développements de la diplomatie culturelle brésilienne, l’identification des acteurs mobilisés, permettront donc de mieux cerner la manière dont le Brésil pratique, surtout dans les années 30, ce que l’historien Gerson Moura a qualifié d’ « équidistance pragmatique » en termes de politique extérieure. Il s’agit aussi de mettre en perspective l’image que se forge le Brésil sur la scène internationale, au moment même où le débat sur l’identité brésilienne agite les milieux intellectuels brésiliens, soucieux de briser l’hégémonie du « modèle » culturel européen. À travers sa participation aux deux organismes mentionnés plus haut, le Brésil poursuit des objectifs aussi bien politiques qu’économiques : il est question pour lui de se positionner comme un acteur charnière entre l’Europe et les États-Unis, confortant ainsi son ambition d’assumer le leadership de l’Amérique latine et de faire oublier son statut de puissance secondaire. Par ailleurs, en agissant sur des systèmes de représentations, en créant une image valorisante du pays, le gouvernement brésilien sert des intérêts économiques considérés comme primordiaux par le projet de développement national impulsé par Getúlio Vargas à partir de 1930.

Juliette Dumont est doctorante en histoire et enseigne actuellement à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine. Elle a récemment publié Le Brésil et l’Institut International de Coopération Intellectuelle (1924-1946) : le pari de la diplomatie culturelle (Paris, IHEAL, 2009).

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Les partitions de l’identité : musique et politique étrangère du Brésil         

Anaïs Fléchet

Dès le second XIXe siècle, les diplomates brésiliens accordèrent une attention particulière à la musique, pensée comme un moyen de faire connaître le Brésil dans le monde. Les concerts des compositeurs et des interprètes brésiliens sur les scènes internationales – en Europe, en Amérique du nord, puis dans les pays africains à partir des années 1960 – furent célébrés avec un égal enthousiasme patriotique par la presse nationale. Classés parmi les meilleurs « propagandistes du Brésil dans l’Univers », les musiciens brésiliens se virent fréquemment attribuer le titre d’ambassadeur. La liste est longue de ces « musiciens diplomates » : après le succès de Carlos Gomes à la Scala de Milan sous l’Empire, Alberto Nepomuceno, Villa-Lobos et Camargo Guarnieri participèrent à la diffusion de la musique savante dans le monde, tandis que Pixinginha, Carmen Miranda, Ary Barroso, João Gilberto et Tom Jobim offraient à la musique populaire brésilienne un nouvel horizon international. Les trajectoires de ces musiciens sont aujourd’hui bien connues : elles ont donné lieu à des recherches sur le rôle de l’expérience de l’étranger dans le développement des carrières artistiques – nationales et internationales – et dans l’intensification des échanges entre le Brésil et les pays visités. Pourtant, la notion de diplomatie musicale n’a jamais été analysée de manière systématique par les musicologues, les anthropologues, les spécialistes des relations internationales et les historiens du culturel. Quel rôle joua la musique dans les politiques culturelles menées par le ministère brésilien des relations extérieures ? Quelles sont les origines et les principales réalisations de la diplomatie musicale brésilienne ? Surtout, quels sont les interprètes et les auteurs choisis pour composer l’image musicale officielle du Brésil à l’étranger ? Et comment évoluent-ils dans le temps, des opéras de Carlos Gomes à la récente projection internationale de Gilberto Gil ?

Pour répondre à ces questions, nous analyserons la genèse de la diplomatie musicale au niveau institutionnel ; les contenus musicaux et les formes d’action menées par le ministère ; et les relations entre musique et politique au niveau international. Ainsi, nous souhaitons montrer que : 1) la diplomatie musicale brésilienne possède des temporalités, des contenus et des orientations très spécifiques et ne peut être considérée comme le simple reflet des politiques culturelles menées au niveau national ; 2) la musique contribua à la définition d’une diplomatie brésilienne originale au XXe siècle et offrit au ministère certains de ses plus beaux succès en matière de politique culturelle.

Anaïs Fléchet est agrégée et docteur en histoire. Présidente de l’Association pour la Recherche sur le Brésil en Europe, elle enseigne actuellement à l’Université Paris IV Sorbonne. Elle a notamment publié Villa-Lobos à Paris : un écho musical du Brésil (Paris, L’Harmattan, 2005).

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Glauber et l’exil : à propos du film Histoire du Brésil  

Mariana Villaça

Dans cette communication, nous présenterons certains aspects de la trajectoire et de la production du cinéaste bahianais Glauber Rocha (1939-1981), pendant son exil politique, en insistant particulièrement sur sa relation avec Jean-Luc Godard à la fin des années 1960, sur les négociations avec le gouvernement cubain qui précédèrent son expérience à Cuba, ainsi que sur les travaux réalisés pendant son séjour sur l’île, entre novembre 1971 et décembre 1972. Nous étudierons les projets développés par le cinéaste durant cette phase, parmi lesquels le film polémique Histoire du Brésil (1971-1974). À partir de ce dernier, de la correspondance du cinéaste, d’articles et de rapports cubains, nous analyserons ses attentes, son positionnement idéologique et certaines des caractéristiques de son œuvre, au regard des débats politiques et esthétiques auxquels il participa lors de ses expériences européennes et caribéennes.

Mariana Villaça, docteur en histoire et post-doctorante à l’Université de São Paulo, participe actuellement aux groupes de recherches sur « Culture et politique dans les Amériques : circulation d’idée et configurations identitaires (XIXe et XXe siècles) » et « Histoire et audiovisuel : circularités et formes de communication ». Elle est l’auteur de Polifonia Tropical (São Paulo, Humanitas, 2004) et a participé à História e Cinema (São Paulo, Alameda, 2007).

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Différentes perspectives : l’art d’Arthur Bispo do Rosário en France et au Brésil

Viviane Borges

Paris a accueilli les œuvres d’Arthur Bispo do Rosário à trois reprises. La première fois, en 2001, lors d’une exposition collective intitulée Un art populaire à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain ; la deuxième fois, en 2003, dans le cadre d’une exposition individuelle au Jeu de Paume qui avait pour titre La clé des champs. La troisième était prévue pour 2005, dans le cadre des commémorations liées à l’Année du Brésil en France : Les images de l’inconscient aurait été la plus grande exposition de l’artiste à l’étranger puisqu’elle aurait occupé l’intégralité du deuxième étage du Musée Halle Saint-Pierre. Cette exposition n’a pas eu lieu. Au dernier moment le Musée Bispo do Rosário (RJ) décida que les œuvres de l’artiste ne seraient plus exposées dans une institution française. Les raisons de cette décision semblent être liées à la manière dont la critique française perçoit les œuvres de Bispo, les mettant toujours sur le même plan que des travaux réalisés par des patients relevant de la psychiatrie, les inscrivant de la sorte dans le cadre des créations marginalisées.


À l’occasion de cette brève communication, mon objectif est de mettre en lumière les perspectives retenues par la critique française au sujet d’Arthur Bispo do Rosário en les confrontant aux perspectives brésiliennes. Alors qu’au Brésil l’oeuvre de l’artiste est présentée comme étant simplement de l’art, à travers un discours qui cherche à séparer ses créations de sa trajectoire psychiatrique, en France Bispo est désigné comme un artiste “fou”.

 

Viviane Borges est doctorante en histoire à l’Université Fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS) sous la direction de Benito Schmidt. En 2008, elle a fait un stage doctoral (doutorado sanduíche) financé à l’EHESS, à Paris.

 

 

 

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